
Voici les grandes dates du
Liban depuis le début de la guerre civile, il y a 30 ans :
1975-
13 avril 1975: La guerre éclate avec le mitraillage par des membres du
parti Kataëb d'un car transportant des Palestiniens dans le quartier
chrétien d'Aïn el-Remaneh (banlieue est de Beyrouth): 27 passagers
tués. Quelques heures plus tôt, deux miliciens chrétiens étaient
touchés par des tirs inconnus devant une église du même quartier.
Les
milices chrétiennes vont s'affronter aux forces de gauche et
musulmanes, appuyées à partir de janvier 1976 par les Palestiniens.
1976-
6 juin 1976: Intervention de l'armée syrienne, à l'appel des formations
chrétiennes en mauvaise posture face aux forces palestino-progressistes.
En octobre, les sommets de Ryad et du Caire décident l'envoi d'une Force arabe de dissuasion, composée en majorité de Syriens.
1977-
16 mars 1977: Le leader druze Kamal Joumblatt, chef du Parti socialiste
progressiste, est assassiné à proximité d'un barrage syrien.
1978-
mars 1978: Israël occupe militairement le Liban sud jusqu'au fleuve
Litani. Résolution 425 de l'Onu exigeant un retrait israélien.
Déploiement de la Force intérimaire des Nations unies (Finul).
Israël se retire partiellement en juin, laissant en place les milices chrétiennes de Saad Haddad.
-
juillet: Pilonnage des quartiers chrétiens de Beyrouth par l'armée
syrienne après un changement d'alliance, Damas s'étant rapproché des
forces palestino-progressistes.
1982- 6 juin 1982: Israël envahit le Liban et assiège Beyrouth (opération "Paix en Galilée").
Fin
août-début septembre, le chef de l'OLP Yasser Arafat et 11.000
combattants palestiniens évacuent Beyrouth, sous protection militaire
française. Quelque 600.000 Palestiniens restent dans les camps.
- 14 septembre : Assassinat du président élu Béchir Gemayel. Entrée des Israéliens dans Beyrouth-ouest le 15.
-
16-18 septembre : Massacre dans les camps palestiniens de Sabra et
Chatila: au moins un millier de morts. Un rapport officiel israélien
établira la responsabilité directe des miliciens chrétiens des Forces
libanaises (FL) et celle, indirecte, des troupes israéliennes.
- 22 septembre : Election d'Amine Gemayel à la présidence.
1983- 17 mai 1983: Accord de paix libano-israélien, qui sera abrogé par les autorités libanaises.
-
août-sept: Relance de la guerre civile. Les milices chrétiennes
abandonnent la montagne du Chouf aux druzes de Walid Joumblatt.
- 23
octobre : Attentats contre les QG américain et français de la Force
multinationale (FM) à Beyrouth: 241 Américains et 58 Français tués. La
force de paix se retirera début 1984 sans avoir accompli sa mission.
-
nov-décembre : Combats dans le nord entre loyalistes et dissidents
palestiniens, soutenus par Damas. Yasser Arafat et quelques milliers de
ses partisans, encerclés dans Tripoli, sont de nouveau contraints à
quitter le pays.
1984- mars 1984: Premier d'une série d'enlèvements d'otages occidentaux.
1985- mai-juin 1985: Première "guerre des camps" entre combattants palestiniens et miliciens chiites d'Amal (pro-syriens).
-
juin: Israël achève son retrait, mais maintient une force dans le sud
pour soutenir l'ALS, l'Armée du Liban sud, d'Antoine Lahad.
- 28
décembre : Accord à Damas entre milices druzes, chiites et chrétiennes.
Affrontements interchrétiens après le refus de Gemayel de le ratifier.
1987-
février 1987: A la faveur de combats entre forces de gauche et
pro-syriennes, 8.000 soldats syriens sont déployés pour pacifier
Beyrouth-ouest.
En juin, le Premier ministre Rachid Karamé est tué dans un attentat et remplacé par Salim Hoss.
1989-
mars 1989: Le général Michel Aoun, à la tête d'un gouvernement de
militaires chrétiens, non reconnu par les musulmans, lance une "guerre
de libération" contre Damas.
- 22 octobre : Accords interlibanais de
Taëf (Arabie saoudite), qui établit un nouvel équilibre entre les
communautés et définit le cadre de la présence syrienne.
- 22 novembre : Assassinat du nouveau président René Moawad, remplacé par Elias Hraoui.
1990-
jan-mars 1990: Guerre interchrétienne entre FL et les troupes du
général Aoun, opposé à Taëf. En octobre, à la suite d'une offensive
syro-libanaise, celui-ci est évincé du pouvoir et se réfugie en France.
Fin de la guerre qui a fait en 15 ans plus de 150.000 morts.
1991- 22 mai 1991: Traité syro-libanais "de fraternité et de coopération", qui officialise le rôle prépondérant de la Syrie.
1992- octobre 1992: Rafic Hariri forme un gouvernement et lance la reconstruction de Beyrouth.
1993- Juillet 1993: Bombardements israéliens sans précédent depuis 1982: 132 morts.
1996-
Avril 1996: Opération israélienne "Raisins de la colère" destinée à
briser le potentiel militaire du mouvement chiite Hezbollah: 175 morts,
pour l'essentiel des civils.
1998- 15 octobre 1998: Election à la présidence du général Emile Lahoud.
2000- 24 mai 2000: Israël se retire du Liban sud, mettant fin à 22 ans d'occupation. Le Hezbollah prend possession de la zone.
- Octobre : Nouveau gouvernement de Hariri, vainqueur des législatives. Il prend des mesures choc pour redresser l'économie.
2001- juin 2001: Premier retrait partiel des troupes syriennes, suivi par plusieurs autres.
2004-
2 sept 2004: A l'initiative de Paris et Washington, adoption de la
résolution 1559 visant implicitement la Syrie et appelant au
désarmement des milices.
Le 3 sept, un amendement constitutionnel prolonge de trois ans le mandat de M. Lahoud.
- 1er octobre : attentat manqué contre le député et ministre démissionnaire Marwan Hamadé, blessé
- 20 octobre : Démission de M. Hariri auquel succède Omar Karamé.
2005-
14 février 2005: Assassinat de Hariri. L'opposition, désormais unie,
accuse les régimes libanais et syrien. Le pays est depuis plongé dans
une grave crise politique.
- 10 mars: M. Karamé, qui avait
démissionné fin février sous la pression de la rue, est de nouveau
chargé de former un gouvernement.
- 3 avril : Accord Syrie-Onu sur le retrait de toutes les troupes syriennes "au plus tard le 30 avril".
- 7 avril : La Syrie entame la dernière phase du retrait de ses troupes de l'est du Liban.
-
8 avril : Le Conseil de sécurité de l'Onu adopte la résolution 1595
prévoyant une commission d'enquête internationale sur l'assassinat de
Rafic Hariri.
- 13 avril : Omar Karamé représente sa démission après avoir échoué dans la formation d'un nouveau gouvernement.
(à suivre)